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Loco Locass à Rouyn-Noranda: pathétiquement pertinent…

31 Jan
Loco Locass

Loco Locass

D’abord, le titre de ce billet n’est pas tout à fait de moi. C’est plutôt Biz qui a utilisé cette expression pour qualifier la dernière chanson du spectacle que le groupe donnait au Théâtre du Cuivre de Rouyn-Noranda, le 28 janvier dernier.

Cette chanson, c’était bien sûr Libérez-nous des Libéraux, hymne qui fait maintenant partie de notre inconscient collectif (mais pas encore suffisamment semble-t-il puisque la gang de Jean Charest est encore au pouvoir malgré tous les efforts du groupe). Cette chanson donc, Biz l’a qualifiée de «d’encore pathétiquement pertinente». Vrai qu’elle n’a pas encore pris une ride malgré qu’on l’ait entendue ad nauseam. En fait, ce soir-là, elle avait même subi un lifting surprenant, étant mixée avec l’historique ligne de basse et le riff de guitare ravageur de Smells Like Teen Spirit de Nirvana! De quoi souligner davantage son statut de chanson-phare d’une génération.

Parlant de génération, celle qui s’intéresse à Loco Locass en 2010 est assez représentative des contradictions de l’époque, et même de celles qui sèment le parcours de Biz, Batlam et Chafik depuis maintenant plus de 10 ans. Fallait voir le portrait qui s’offrait à nous lorsqu’une quinzaine de fans sont montés sur scène à l’invitation du trio durant la fameuse chanson finale; on y voyait une panoplie de t-shirts à l’effigie de Bob Marley, du Ché, de la fleur de lys et… de Star Académie! Savoureuse illustration de la position délicate dans laquelle se trouve Loco Locass depuis que l’Empire PKP leur fait de l’oeil…

J’écris «position délicate» mais en fait, personnellement, je m’en fous un peu de savoir pour le compte de qui chantent les Loco. Tant qu’ils chantent ce qu’ils veulent avec le haut niveau d’écriture et la conviction qu’on leur connait. Ils peuvent bien chanter pour la reine d’Angleterre si ça leur chante, vous et moi savons très bien qu’ils en profiteraient pour lui foutre un de leur chapeau fleur de lys sur sa tête blanche couronnée.

Alors qu’ils chantent pour PKP ou qu’ils fassent une saucette dans son spa pendant que Julie leur sert des cocktails (et je n’invente rien, c’est Biz et Batlam qui m’ont décrit la scène en rigolant, bière à la main après leur show!), si ça leur a permis de monter le Moulin à paroles contre vents et Labeaume, et d’insérer, dans un refrain écrit pour l’Empire, que «Québec est la capital du PAYS du Québec», alors franchement, c’est ce qu’on appelle bien choisir ses amis!

Pour ce qui est du show de Rouyn-Noranda, comme je n’écris pas pour un journal, ne comptez pas sur moi pour vous faire un track-by-track, j’ai toujours trouvé ça long et inutile. Je vous dirai seulement que c’était un très bon show, généreux comme toujours (plus de 2 heures), et avec au moins quatre chansons qu’on devrait retrouver sur leur prochain disque ce printemps.

D’abord M’accrocher poignante pièce sur le suicide qui a déjà bénéficié d’un très beau clip, Les Géants, hommage frissonnant aux bâtisseurs et au peuple du Québec (qui avait été interprétée lors de la St-Jean). Puis, deux «vrais» primeurs, Bougez-vous le joufflu et La trahison des marchands. La première totalement faite pour le plaisir et le délire (ben quoi, on est capable de réfléchir ET de s’amuser en même temps!), la seconde, très bien foutue, se voulant une allégorie accusatrice de ce que Loco Locass considère comme la fête ratée du 400e de Québec.

Bref, si Loco Locass est effectivement «pathétiquement pertinent», il est également dans une position extrêmement enviable car son niveau d’exposure grand public n’a jamais été aussi élevé. Et à ses détracteurs qui juge que Loco Locass ne devrait pas s’associer à l’Empire et à sa convergence, je n’ai qu’une seule question: est-il plus souhaitable et pertinent que ce soit sur Loco Locass que l’Empereur braque ses projecteurs ou sur Isabelle Boulay et Nicolas Ciccone?

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Avant d’aller plus loin…

23 Jan

…j’aimerais en profiter pour vous offrir un petit billet tranquille, loin de la polémique des derniers jours. Je me rends compte que dans l’excitation de publier au plus vite, j’en ai oublié les présentations… D’ailleurs, je veux souligner que la controverse ne sera pas le fond de commerce de ce blog. Bien sûr, à l’occasion, je ne m’empêcherai pas de brasser la cage, mais vous retrouverez un peu de tout ici. Des entrevues avec des gens qui ont des choses à dire (et non à vendre), des commentaires sur l’actualité, des questions surtout, des souvenirs des mes années médiatiques montréalaises, peu importe, tant que ça reste de l’ordre de l’urgence de m’exprimer, de partager et de susciter la réflexions et non de l’obligation de remplir de l’espace.

À ce propos, je dois dire que le raz-de-marée qu’a provoqué mon billet sur Loco Locass vs L’Empire vs Hugo Dumas m’a vraiment laisser sans voix! Bien sûr, je savais que ça allait faire jaser, mais à ce point… Pour avoir divulgué mes statistiques de fréquentation de ces 48 heures infernales à quelques blogueurs aguerris, je sais maintenant que j’ai réussi en quelques heures ce que beaucoup de blogs mettent des mois à atteindre: faire connaître mon blog!

À ce propos, je voudrais préciser quelque chose. Si c’est ici que Biz a accepté de commenter l’article de La Presse, c’est essentiellement dû à une question de confiance entre lui et moi. Je lui avais envoyé ma question la veille de la sortie de l’article d’Hugo Dumas (un hasard total et, il faut l’avouer, un méchant bon timing…). Comme j’ai suivi la carrière de Loco Locass depuis ses tout débuts et que j’ai réalisé plusieurs entrevues, participé à leur Musicographie et pris des bières avec eux à l’occasion, la relation de confiance était installée depuis longtemps. Et j’ai l’impression que cette exclusivité accordée par Biz faisait également office de retour d’ascenseur après toutes ces années à leur fournir de l’exposure médiatique (que ce soit à Voir ou à Radio-Canada). Biz savait très bien qu’en me donnant ses commentaires explosifs, il allait me donner un coup de pouce pour promouvoir mon blog. Drôle comme les rôles peuvent parfois s’inverser…

Cette frénésie de clicks, de retweets et de commentaires a confirmé mon envie de plonger dans cette nouvelle aventure après quatre ans de quasi-silence publique. Et si vous vous posez la question, le 2.1 qui suit le Parazzz est ironique, bien sûr, mais il est également synonyme d’un constat: celui d’être passé à une nouvelle étape dans ma vie de professionnel des communications. Je crois plus jamais au pouvoir de l’internet et à un bouleversement inévitable et irréversible de la consommation, de la production et du partage de l’information. Et je veux en faire partie.

Petit retour aussi sur mon sondage publié au moment de la mise en ligne de Parazzz 2.1. À la question: Liriez-vous un blog signé Eric Parazelli:

45% des répondants ont choisi «Peut-être si il sait être pertinent, intéressant, divertissant, etc.» Logique. Jaurais certainement répondu la même chose.

23% ont choisi: «Oui, mon intérêt pour lui et ses réflexions sont inconditionnels» Ce choix de réponse était bien sûr d’un humour auto-dérisoire et j’ose espérer que ceux et celles qui l’ont choisi en étaient conscients. Dans le cas contraire, j’essaierai d’en être digne.

14% ont choisi: «Oui, s’il ne tombe pas uniquement dans la nostalgie de sa carrière journalistique passée.» Bon à savoir et à garder en tête, mais j’ai quand même plusieurs souvenirs et secrets que je ne pourrai pas m’empêcher de vous dévoiler à l’occasion…

5% ont choisi: «Oui, même s’il faut payer pour.» C’était une blague si l’on tient compte du potentiel commercial quasi nul des blogs (sauf exception). À ceux et celles qui ont choisi cette réponse, envoyez moi vos coordonnées, je vous enverrai ma facture mensuelle… 😉

Finalement, parmi les 12% de ceux et celles qui ont laissé un autre choix de réponse, ça allait de «we luv parazellouille!», «Parazzz fut une inspiration pour moi, please blog Parazzz!», «Oui, si LUI me paye pour le faire» à «C’est qui ça Eric Parazelli?»

Et 0% ont répondu non. Alors plus question de reculer…

Loco Locass: de fous du roi à sujets de l’empereur? Réponse de Biz à Parazzz 2.1 et à Hugo Dumas de La Presse.

20 Jan

Lundi, j’ai vu ceci:

Tout de suite, j’ai pensé aux fans (comme moi) de Loco Locass. J’ai pensé que certains se questionnaient probablement sur l’association du groupe avec les Productions Point J, Québecor, PKP, etc., via l’émission Québec-Montréal. J’ai eu envie de poser une question à Loco Locass. Voici donc la question que j’ai envoyée par courriel à Biz:

– Compte tenu de la réputation d’artiste engagé, intègre et à l’esprit critique hautement développé de Loco Locass, est-ce que de participer à cette émission n’est pas en quelque sorte comme si vous acceptiez de chanter pour un congrès du Parti Libéral?

Après un échange rapide de courriels, Biz m’a répondu. Mais voilà, entre-temps, le chroniqueur média Hugo Dumas publiait ceci dans La Presse de ce matin :

Loco Locass entre deux feux

Situation délicate pour le trio Loco Locass. Dimanche soir, Biz, Chafiik et Batlam participeront au spectacle-bénéfice que concoctent les lock-outés du Journal de Montréal au cabaret La Tulipe pour souligner leur première année complète sur le trottoir. Et quelques minutes plus tard, ils chanteront l’hymne de la ville de Québec en direct de l’auditorium de Verdun pour le début de l’émission phare de TVA, La série Montréal-Québec.

Bref, Loco Locass s’associe à deux événements diamétralement opposés sur le plan idéologique. D’un côté, ils appuient les cadenassés de RueFrontenac.com et de l’autre, ils prêtent leur talent à l’entreprise – Quebecor – à l’origine de ce dur conflit de travail. Peut-on oser le mot opportunisme, ici, surtout que ce groupe a, par le passé, critiqué assez férocement les empires médiatiques québécois? Et suis-je le seul à ressentir un léger inconfort avec ce dédoublement? Semble que oui. Hier, le producteur des disques de Loco Locass, la maison Audiogram, n’a pas commenté l’affaire. Et personne du trio hip-hop n’a voulu répondre aux questions de La Presse non plus. Décision commune, nous a-t-on fait savoir.

Étrange, quand on sait que Biz n’a habituellement pas la langue dans sa poche pour discuter des divers sujets d’actualité. Passons.

Ce matin, Biz en a donc profité pour ajouter une réplique à Hugo Dumas. Voici donc, intégralement, et en exclusivité sur Parazzz 2.1, son commentaire:

Ce n’est pas parce qu’on ne commente pas qu’on a quelque chose à se reprocher. Je n’ai pas voulu parler à Dumas parce je le trouve minable.  Il me le confirme avec son texte ce matin.

En ce qui me concerne, il n’y a pas d’histoire. Disons seulement que nous avons accepté d’aider les journalistes du Jean-Marc au moins un mois AVANT qu’on nous propose d’écrire Hymne à Québec. À cause de ça, il aurait fallu refuser d’écrire la chanson ? Où est l’opportunisme ? Le vizir de la zapette pense-t-il vraiment que nous acceptons les spectacles bénéfices pour nous faire de la pub ? On fait un show pour Haïti ce soir. On est opportuniste ? On surfe sur le malheur ? Et lui, la Louise Cousineau des pauvres, que fait-il pour aider ses collègues ? A-t-il déjà écrit gratuitement pour aider ?

Dumas a raison sur une chose : quand il titre «Loco Locass entre deux feux». Tous les artistes du Québec sont au centre de la bataille titanesque que se livrent l’hydre Desmarais et le cachalot Péladeau. Le pape de l’écran plat nous reproche de participer à une émission de l’empereur. Le seul projet que nous ait jamais proposé Power Corp, c’est quand Pratte nous a demandé d’écrire un hommage à Falardeau dans La Presse ! (je ne l’invente pas). Pendant le Moulin à paroles, La Presse a tout mis en oeuvre pour discréditer l’événement, alors que Julie Snyder et Vidéotron ont mis leurs trippes sur la table pour en faire un succès.

Comme le disait Howard Zinn, nul ne peut être immobile dans un train en mouvement. Dans cette guerre sans merci, nous avons choisi notre camp.

Disons qu’il faudrait vraiment nous chercher des poux pour nous reprocher de gagner notre pain en respectant nos valeurs. La série Montréal-Québec un concept québécois original, qui veut ramener la musique francophone dans les arénas. On trippe sur le hockey. On vient de Québec. On nous propose de faire une toune pour galvaniser l’équipe de Québec et rendre hommage à notre capitale. Yé où le problème ?

Bien sûr que ce lock out nous fait chier. Mais que faudrait-il faire pour être cohérent ? Me désabonner du câble ? Exiger de ne plus être distribuer par Sélect ? Refuser que nos disques soient vendus chez Archambault ? Au lieu de maudire l’obscurité, nous avons décider d’allumer une chandelle pour aider les journalistes. Le même soir (c’est un pur hasard) que la première de la série Montréal-Québec, on fait des tounes au gala bénéfice des lockoutés du Jean-Marc. On refuse de faire des entrevues avec le Jean-Marc depuis le lockout et j’ai acheté l’app de Rue Frontenac sur mon Iphone. Qui, parmi tous nos détracteurs, peut en dire autant ?

Aujourd’hui, Hymne à Québec est la toune franco la plus achetée sur ITunes. Les chiens aboient mais Loco Locass passe. Allez Québec !!!

Voilà, je crois que tout est dit et très bien envoyé même!

Pour votre information, Biz s’apprête à publier un livre qui s’intitule Dérives, c’est un court récit de fiction. En librairie le 17 février.

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